
Au sommaire notamment : le succès de notre mobilisation pour sauver la fontaine des Innocents, la vie périlleuse du piéton parisien, nos questions à la mairie de Paris sur la fan zone Fifa aux Halles.
Percé vers 1770, ce passage de 45 m relie le n°16 rue Montmartre au n°17 rue Montorgueil. Aujourd’hui, une grille installée à mi-chemin en interdit le passage. Pourquoi un tel nom ?

Une sosie
Julie Bécheur, fruitière orangère à la Halle y était domiciliée. Accompagnée d’autres vendeuses, elle vint porter à Versailles une pétition des dames de la Halle. A cette occasion, elle y rencontra Marie-Antoinette qui lui trouva “fortes ressemblances” avec sa mère, reine de Hongrie, Marie-Thérèse d’Autriche. Ses camarades, par moquerie, l’auraient surnommé reine de Hongrie, d’où le nom du passage.
Ce surnom ne lui aurait pas porté chance puisque son lien avec la reine et ses sympathies loyalistes lui valurent à la révolution la décapitation.
Un parfum
D’autres historiens, précisent que Julie Bécheur étant décédée en 1776, cette version ne peut être validée.
Ils avancent que ce nom proviendrait de la présence en ce lieu d’un dépôt d’eau de Hongrie. L’eau de Hongrie est appelée également eau de la reine de Hongrie. Créé en 1370, ce parfum fût très largement utilisé et s’est enrichi au fil des temps de divers composants. On lui attribuait des pouvoirs revitalisants, esthétiques et thérapeutiques.
Claude Philippe
Alors que nous subissons depuis plus de huit ans les nombreuses nuisances générées par les travaux des différents chantiers du réaménagement du quartier des Halles (pôle transport, Canopée, jardin, voiries) et au moment de la recrudescence de problématiques locales un temps contenues (atteintes aux biens et aux personnes, consommation et trafics de drogues), nous avons appris en avril que le jardin Nelson Mandela et le parvis de la Canopée feraient l’objet d’une importante occupation commerciale du 7 juin au 7 juillet dans le cadre d’un village d’animation événementielle en marge de la coupe du monde féminine de football.

Ni concertation ni consultation
Nous avons regretté très vivement l’absence de toute consultation (a fortiori concertation) préalable des principaux acteurs de la démocratie locale (élus, conseillers de quartier, associations, etc.) sur ce projet, en dépit de ses lourds impacts potentiels sur le voisinage (rues Rambuteau, Berger et Lescot) et les usages locaux (traversées du jardin, utilisation de l’aire de jeux, du terrain d’aventures, du playground).
Des assurances
A défaut, nous avons donc demandé à la Maire de Paris Anne Hidalgo de bien vouloir nous indiquer les actions qui seraient menées et les mesures qui seraient prises par la Mairie de Paris – décisionnaire – et les autres parties prenantes du projet pour garantir une lutte particulièrement efficace :
L’ADRAQH a obtenu de la Mairie de Paris qu’elle s’engage sur des actions et un calendrier pour sauver la fontaine des Innocents en péril.

Après avoir consacré en mars notre Hallebarde à “ce monument en péril en plein cœur de Paris” et lancé une pétition “Sauvez d’urgence la fontaine des Innocents” à l’attention d’Anne Hidalgo qui a recueilli plus de 3 000 signatures (= en ligne + papier), nous avons été reçus le 27 mai par l’adjointe à la Maire de Paris en charge du patrimoine, M. Karen Taïeb, avec le Maire du 1er arrondissement, M. Jean-François Legaret.
Des actions et un calendrier
Au cours de ce rendez-vous, Mme Taïeb a engagé la Mairie de Paris sur des actions et un calendrier pour restaurer la fontaine :
L’adjointe à la Maire de Paris en charge du patrimoine a également introduit l’idée d’une recomposition végétale de la place Joachim du Bellay façon “square”. Le cas échéant, l’aménagement de la place démarrerait immédiatement après la restauration de la fontaine.
Suivi vigilant
Nous suivrons avec attention, intérêt et vigilance le déroulement de ces travaux de restauration de la fontaine et d’aménagement de la place Joachim du Bellay.
Emmanuel Duprat
“L’accident de trop” se multiplie. Une jeune maman et son enfant de 7 semaines sont percutés par une trottinette dans le 17ème. Une pianiste de l’opéra Garnier est fauchée dans le jardin Nelson Mandela …

Vide réglementaire inacceptable
Il est inacceptable que les trottinettes électriques puissent circuler et stationner librement dans la capitale sans qu’aucune réglementation adaptée n’ait été préalablement établie par la Ville de Paris, tant pour les fournisseurs que pour les utilisateurs.
C’est une nouvelle fois le piéton, usager le plus vulnérable de l’espace public, qui est la principale victime de cette anarchie. A fortiori lorsqu’il est déjà “fragile”.
Des Halles accidentogènes
Et c’est tout particulièrement le cas dans la zone dite “piétonne” des Halles dont la réglementation spéciale n’est pas mieux-disante et où l’absence de trottoir prive le piéton de tout “refuge”.
Prévention, action, répression
Pour améliorer la cohabitation entre usagers de l’espace public, il est urgent que la Mairie de Paris sensibilise le grand public par une campagne de communication “forte” sur l’insécurité piétonne et mobilise ses agents pour verbaliser les auteurs d’infraction sur le fondement du droit en vigueur, la mise en danger d’autrui prévue par le code pénal.
Enfin, pour lutter contre les stationnements abusifs, la Ville doit définir avec les opérateurs des zones interdites où la restitution de l’engin est techniquement impossible (passage piéton, trottoir étroit).
Jacques Chavonnet