Lendemains de Fête

Quelques jours après la fête de la musique, il est temps de donner la parole aux résidents des Halles. 

Les habitants qui avaient vécu l’édition précédente redoutaient naturellement le 21 juin 2026.

Pour résumer nous avions dû supporter la nuit entière toutes les nuisances et dangers liés à des foules agressives contenues toute la nuit par la police utilisant notamment des gaz lacrymogènes. 

En cause à l’époque, la chaleur, la foule et l’alcool. 

Nous avions été reçus très rapidement par le préfet de police Monsieur Nunez, actuellement Ministre de l’Intérieur. 

Nos échanges avaient abouti à des propositions pour les futures éditions de la fête de la musique et autres célébrations dont sportives. 

Interdiction des fêtes engendrant des foules ingérables dans un petit territoire complexe, blocage des transports, suppression totale de la vente d’alcool, etc…

Nos propositions ne vont pas dans l’air du temps. 

Certes.

Nous comprenons surtout d’après toutes les réactions recueillies que nous devons protéger la qualité de vie de notre quartier menacée par la répétition des manifestations aboutissant à des troubles à l’ordre public.

Récemment nous avons rencontré nombre de résidents ayant décidé de partir temporairement de leurs logements par anticipation des problèmes liés aux foules.

Nous en sommes là malheureusement. 

Ceux qui sont restés dans le quartier, la majorité, ont pu constater que la fête de la musique était avant tout le rassemblement de foules compactes de jeunes déambulant dans les rues jusqu’au matin. 

Il était impossible de marcher normalement dans les rues et donc de sortir, certains tronçons de chaussées étaient d’ailleurs complètement bouchés de sorte qu’il fallait trouver des chemins alternatifs. 

Y avait-il de la musique?

Un DJ de temps en temps rappelait l’origine lointaine de cette fête conçue faut-il le rappeler pour que les amateurs de musique sortent de chez eux avec leurs instruments et jouent dans leur quartier dans un esprit bon enfant de proximité. 

Nous sommes évidemment très loin du concept de base imaginé par le pouvoir de l’époque. 

De Beaubourg au jardin des Halles la situation était semblable. 

Bien que l’alcool fût interdit à la vente, nous constations des points de vente très nombreux. 

À la différence de l’année dernière, la présence policière était très visible et bien plus importante semble-t-il. 

Nous n’avons donc pas subi les pénibles scènes de courses poursuites avec les explosions de pétards et grenades connues en 2025.

Il n’en demeure pas moins comme nous l’avions dit au préfet que les petites rues des Halles ne peuvent raisonnablement accueillir des dizaines de milliers de personnes toute la nuit. 

C’est une situation de danger permanent pour les véhicules pompier ou SAMU qui sont de fait bloqués.  

C’est une situation où les résidents enfermés-volontaires 12 heures durant attendent la fin des rassemblements de masses dont ils sont de fait exclus.

La fête pour tous sauf pour les habitants.

Le matin nous avons découvert à nouveau un paysage de désolation, les rues remplies de déchets dont de trés nombreuses bouteilles de protoxyde d’azote-cette nouvelle drogue- que les services de la ville mettent des jours à évacuer. 

Aux Halles, nous devons constater avec tristesse que la fête de la musique a perdu tout son sens d’animation locale. 

C’est une occasion de rassemblements urbains qui se répètent à chaque occasion festive comme les retransmissions de foot.

Les habitants des Halles, oui ils existent encore, subissent durement cette évolution.