France-Sénégal : sommées de fermer à 22 heures, les terrasses estivales font du rab à Paris

Notre association demande l’application de la loi sur les horaires des terrasses.

Malgré l’obligation de fermer les terrasses estivales à 22 heures, de nombreux établissements ont bravé le règlement parisien, au risque d’une amende de 135 euros. Reportage dans un bar de Châtelet.

Source : www.leparisien.fr Par Juliette Duclos | Le 16 juin 2026 à 22h51

Paris (IIe), ce mardi. Malgré l’obligation de fermer les terrasses estivales à 22 heures, de nombreux établissements ont bravé le règlement parisien, au risque d’une amende de 135 euros. LP/Fred Dugit

Accoudées autour d’une petite table, Zoé, Mahaut et Lucie, finissent leurs bières en regardant ce tout premier match des Bleus face au Sénégal. Il est 22 heures passées, ce mardi soir, la seconde mi-temps vient de commencer. Cette terrasse estivale, d’un bar très fréquenté dans le quartier des Halles, devrait déjà être fermée, mais il ne s’en sera rien.

« Moi je ne pense pas qu’ils vont nous demander de partir », parie Zoé. À côté, Mahaut râle doucement : « Déjà qu’on paye les bières super chères, si en plus, on nous vire bientôt, je vais être vraiment dégoûtée. »

Paris (IIe), ce mardi. Il est 22 heures passées, Cette terrasse estivale d’un bar très fréquenté dans le quartier des Halles, devrait déjà être fermée, mais il ne s’en sera rien. LP/Fred Dugit

À Paris, ces installations éphémères, autorisées du 1er avril au 1er octobre, doivent, en effet, se vider de leur public à 22 heures, comme l’impose le règlement de la mairie.

« Nous serons très regardants sur le respect des horaires. 22 heures, c’est 22 heures. Quand il y aura l’extension à 23 heures, ce sera pareil. Pas une minute de plus », avait prévenu la Ville de Paris, auprès du Parisien. Au risque sinon, d’être verbalisé par la police municipale, pour une amende de 135 euros.

« 135 euros, ce n’est rien »

« Mais 135 euros, ce n’est rien. Regardez tout ce monde, glisse un barman, en désignant la foule, nombreuse autour de lui. En quelques bières, c’est vite payé. »

Heureusement pour les gérants, le dilemme devrait moins se poser pour le second match des hommes de Didier Deschamps, contre l’Irak, car le match étant prévu le lundi 22 juin, à 23 heures.

Zoé, elle, connaît bien le dispositif des terrasses estivales et de leur fermeture anticipée. « Mais c’est un soir de match, je pense que tout le monde s’attend à ce que les patrons ne fassent pas gaffe, à ce que la mairie ne fasse pas gaffe », souffle la jeune femme.

Paris (IIe), ce mardi. Quelques voitures de la police municipales passent dans la rue, sans s’arrêter devant le bar. LP/Fred Dugit

De fait, quelques voitures de la police municipales passent dans la rue, sans s’arrêter. « Je suis sûre qu’ils regardent aussi le match », se marre Lucie.

Un peu plus loin dans le quartier, force est de constater que toutes les terrasses estivales restent bel et bien ouvertes, à 22 heures passées. « Franchement, c’est absurde, la mairie devrait s’adapter à ce genre d’événement populaire », s’étonne Jérôme, devant une bière, quand on lui pose la question.

« Une effervescence qu’on ne retrouve pas sur un canapé »

Dans ce bar connu de Châtelet, l’ambiance était bouillonnante. Plus de 130 personnes étaient réunies, certains, venus tôt pour l’occasion, avaient réussi à dégoter des places assises, juste devant la télévision. « Il faut réserver longtemps à l’avance, certaines réservations ont eu lieu il y a un mois et demi », raconte un habitué.

Nicolas, lui, est venu avec ses amis. « Il y a une effervescence dans la rue, que l’on ne retrouve pas sur un canapé », résume cet ancien professeur des écoles. « Le foot, ça se vit à plusieurs », abonde Felix, assis à côté de lui. Et jusqu’au bout de la nuit.